Tara Lacroix, l’utopie topless

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La militante Femen a participé à l’action du 12 septembre dernier au salon musulman de Pontoise.

BIO

  • 1994 : Naît à Versailles (Yvelines)
  • 2012 : Passe son bac, intègre une classe prépa littéraire
  • Avril 2013 : Premiers pas chez les Femen
  • Septembre 2013 : Admise à l’IFSY (Institut de formation sociale des Yvelines)
  • Septembre 2015 : Participe à l’action Femen au salon musulman du Val d’Oise.

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Un parcours scolaire sans faute. Un engagement sans faille. A 21 ans, la militante Femen use de sa tête et de son corps comme “d’une arme politique”. Retour sur une trajectoire contrôlée.

 

Dans six mois, elle sera assistante sociale. “Et ce n’est pas un hasard si je veux faire ce métier”. Tara Lacroix est convaincue de la cause qu’elle défend. Le 12 septembre dernier, elle participe au salon musulman de Pontoise (Val d’Oise) consacré à la femme. La petite-fille d’immigrés algériens a revêtu une burqa. Alors que les deux imams conférenciers se demandent publiquement “s’il faut battre ou non sa femme”, Tara et Meriam enlèvent le haut. Elles se précipitent sur scène, le poing levé. Leur poitrine nue est recouverte d’inscriptions telles que “je suis mon propre prophète”. “Un agent de sécurité m’a attrapée, j’essayais de me débattre, raconte Tara Lacroix. Il m’a sortie de la scène et m’a balancée par terre. Je me suis blessée au coccyx.”

Un mois après son action coup de poing, la militante Femen a repris le chemin de l’école. Elle étudie en troisième année à l’Institut de formation sociale des Yvelines (IFSY), à Versailles. Elle y a passé toute sa scolarité, ou presque : lycée, classe prépa… La brillante étudiante travaille également à la Permanence d’accès aux soins et à la santé (PASS) d’un hôpital parisien dont elle tait le nom, secret professionnel oblige. Un stage de six mois qui fait partie de sa formation d’assistante sociale. Elle reçoit des patients en grande précarité, Français ou non, et les aide à obtenir une couverture sociale. “Ma mission est assez limitée, nuance Tara. J’ai préféré mon stage en entreprise l’année dernière.” L’étudiante écrit d’ailleurs un mémoire sur “le service social en entreprise”, à rendre en juin prochain. Son diplôme en poche, elle envisage d’intégrer “un master en solidarité internationale”.

“J’étais en colère”

Utopiste, Tara Lacroix l’est. “Avant, je n’arrivais pas à me projeter.” A 15 ans, elle change de milieu. Passe de son quartier populaire de Guyancourt au bourgeois lycée La Bruyère de Versailles. “J’ai fait peau neuve, se souvient la jeune femme. Je ne connaissais personne, donc je n’avais pas peur du regard des autres. J’ai pu me construire.” Un choc des cultures bénéfique, avant celui de la vocation. “J’ai eu envie de faire de la politique, de changer les choses concrètement.” En d’autres termes, “aider les gens en grande précarité, militer contre le sexisme et pour l’égalité des chances.” D’où les études sociales et l’engagement Femen. Début 2013, elle décide d’intégrer une formation d’assistante sociale et de rejoindre l’association féministe. “Je me sentais tellement mal face au sexisme, j’étais en colère, se rappelle Tara. Quand j’ai découvert les Femen, je me suis dit ‘Ca, c’est génial’. Nous faisons de notre corps une arme politique.” Un combat “vital” pour la militante engagée depuis presque trois ans.

Tara Lacroix a trouvé sa vocation mais réfute l’affirmation : “On n’a pas qu’une vocation : je n’ai pas envie de travailler au même endroit toute ma vie.” La jeune femme a vécu vingt-et-un an d’hyperactivité. Elle pratique le handball en compétition depuis douze ans, au rythme de deux à trois entraînements hebdomadaires. Dévore les romans de Balzac, Maupassant ou Zola : “Je finis son intégrale en ce moment.” Ecrit beaucoup, son journal surtout : “Je m’y confie, je me libère de choses dont je n’ai pas envie de parler aux gens.” Depuis son action médiatisée le 12 septembre dernier, Tara Lacroix reçoit des coups de fil de journalistes curieux. “La célébrité, je n’aime pas ça.” La timide militante a pris du galon mais garde les pieds sur terre.

M.A.

15 octobre 2015 – ESJ Lille

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